Taux de Triglycérides Normal : les Valeurs de Référence en g/L et en mmol/L

Par , fondateur · mis à jour le  · 14 min de lecture

La norme en une phrase : à jeun, un taux de triglycérides inférieur à 1,50 g/L, soit 1,7 mmol/L, est la valeur que les recommandations européennes de cardiologie (ESC et EAS, 2019) associent à un risque plus faible.

Lecture ESC/EAS 2019g/Lmmol/L
Risque plus faible< 1,50< 1,7
Risque augmenté (à jeun) : autres facteurs de risque à rechercher> 1,50> 1,7
Risque de pancréatite cliniquement significatif> 8,80> 10

Source des trois lignes : Mach F, Baigent C, Catapano AL et coll., 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias, European Society of Cardiology (ESC) et European Atherosclerosis Society (EAS), European Heart Journal 2020;41(1):111-188, DOI 10.1093/eurheartj/ehz455 : tableau « Treatment targets and goals for cardiovascular disease prevention » (ligne « Triglycerides »), sections 8.13 et 9.1.4.1, consulté le 9 octobre 2026. Le texte publie ces seuils en mmol/L et en mg/dL (150 et 880 mg/dL) ; la colonne g/L est la valeur en mg/dL divisée par 100. Les deux colonnes suivent le facteur 88 présenté plus bas (1 g/L ≈ 1,14 mmol/L).

Pour lire ce chiffre avec votre HDL, le calculateur du rapport triglycérides / HDL accepte les g/L, les mmol/L et les mg/dL.

Votre compte rendu de laboratoire affiche une ligne « Triglycérides » suivie d'un chiffre, parfois en g/L, parfois en mmol/L, parfois en mg/dL. La question est simple : à partir de quelle valeur ce chiffre cesse-t-il d'être normal ?

Cet article répond à cette seule question — la valeur absolue des triglycérides. Chaque seuil ci-dessous est repris d'un texte de société savante ou d'une autorité de santé, avec le lien et la date à laquelle la source a été consultée. Quand une source ne publie pas de chiffre, aucun chiffre n'est avancé ici.

⚠️ Cet article n'est pas un avis médical. C'est une page d'information qui reprend des seuils publiés. Elle ne remplace ni la lecture de votre compte rendu par un professionnel de santé, ni un diagnostic, ni un traitement. Seul votre médecin dispose de votre bilan complet, de vos antécédents et de vos traitements en cours.

Sommaire
  1. Les trois unités, et comment passer de l'une à l'autre
  2. Valeurs de référence des triglycérides à jeun
  3. Le seuil que votre laboratoire est censé signaler
  4. Ce que l'âge et le sexe changent — et ce qu'ils ne changent pas
  5. Ce qui fait monter le chiffre
  6. Quand consulter
  7. Ce que ce chiffre ne dit pas à lui seul
  8. Récapitulatif
  9. Sources

Les trois unités, et comment passer de l'une à l'autre

Le même prélèvement se rapporte dans trois unités selon le pays et le laboratoire :

Le passage de mg/dL à g/L est une simple division par 100 : 150 mg/dL, c'est 1,50 g/L. Le passage entre mmol/L et mg/dL dépend, lui, de la masse molaire : le consensus conjoint de l'European Atherosclerosis Society (EAS) et de l'European Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine (EFLM) indique en note de son tableau 5 que les valeurs en mmol/L ont été converties en mg/dL en multipliant par 88 pour les triglycérides (Nordestgaard et al., European Heart Journal, 2016 — consulté le 17 septembre 2026).

C'est un détail qui a des conséquences : un taux de 2 mmol/L et un taux de 2 g/L ne sont pas le même résultat. Le premier correspond à environ 1,76 g/L, le second à 200 mg/dL. Lisez toujours l'unité avant le chiffre.

Valeurs de référence des triglycérides à jeun

La classification la plus utilisée est celle du National Cholesterol Education Program (NCEP), Adult Treatment Panel III, publiée par le National Heart, Lung, and Blood Institute (NHLBI, États-Unis). Le texte l'énonce ainsi : « Normal triglycerides: <150 mg/dL ; Borderline-high triglycerides: 150-199 mg/dL ; High triglycerides: 200-499 mg/dL ; Very high triglycerides: ≥500 mg/dL ».

Catégorieg/Lmg/dL (valeur publiée)mmol/L
Normal< 1,50< 150< 1,7
Limite haute1,50 à 1,99150 à 1991,7 à 2,2
Élevé2,00 à 4,99200 à 4992,3 à 5,6
Très élevé≥ 5,00≥ 500≥ 5,7

Source des chiffres : NHLBI / NCEP, Third Report of the Expert Panel on Detection, Evaluation, and Treatment of High Blood Cholesterol in Adults (ATP III) — At-A-Glance, section « Elevated serum triglycerides » (atp3xsum.pdf, consulté le 17 septembre 2026). La colonne mg/dL reproduit les bornes telles qu'elles sont publiées. La colonne g/L en est la conversion exacte (division par 100). La colonne mmol/L est une conversion calculée avec le facteur 88 publié par l'EAS/EFLM ; elle est donnée pour lecture, ce n'est pas une seconde classification.

Ce texte précise également que ce bilan lipidique se mesure à jeun, et qu'un profil lipoprotéique complet est recommandé chez l'adulte de 20 ans et plus.

Le seuil que votre laboratoire est censé signaler

L'EAS et l'EFLM ont publié en 2016 une position commune sur un point pratique : faut-il être à jeun ? Leur réponse est non en routine — et leur tableau 5 donne les seuils de signalement en trois unités à la fois, y compris en g/L, ce qui est rare :

Condition du prélèvementValeur signalée comme anormale
À jeun≥ 1,50 g/L — soit ≥ 150 mg/dL — soit ≥ 1,7 mmol/L
Sans jeûne≥ 1,75 g/L — soit ≥ 175 mg/dL — soit ≥ 2 mmol/L

Source des chiffres : Nordestgaard BG et coll., « Fasting is not routinely required for determination of a lipid profile », consensus conjoint EAS / EFLM, European Heart Journal 2016, tableau 5 (texte intégral en accès libre, consulté le 17 septembre 2026). Les trois unités sont publiées telles quelles dans le tableau.

Le même texte donne un ordre de grandeur utile : la hausse maximale moyenne des triglycérides après un repas habituel est de +0,3 mmol/L (+26 mg/dL, soit +21 %) chez 33 391 hommes et femmes de la Copenhagen General Population Study, et de +0,2 mmol/L (+18 mg/dL, soit +16 %) chez 26 330 femmes de la Women's Health Study (tableau 3). C'est précisément l'écart de 0,3 mmol/L qui sépare les deux seuils du tableau ci-dessus.

Autrement dit : un résultat pris sans jeûne n'est pas invalide, il se lit contre une borne un peu plus haute. Si votre compte rendu ne précise pas la condition de prélèvement, c'est une question à poser.

Ce que l'âge et le sexe changent — et ce qu'ils ne changent pas

C'est le point le plus souvent mal présenté sur ce sujet, alors soyons précis.

Les seuils, eux, ne changent pas

Ni la classification ATP III du NHLBI, ni le tableau de signalement EAS/EFLM ne publient de seuil de triglycérides distinct selon l'âge ou le sexe. Le tableau 5 de l'EAS/EFLM est d'ailleurs explicite sur ce point par contraste : il note que « des seuils spécifiques au sexe peuvent être utilisés pour le HDL cholestérol » — cette mention figure pour le HDL, et pour lui seul. Il n'existe donc pas, dans ces textes, de « taux normal de triglycérides à 30 ans » différent du « taux normal à 60 ans ».

Ce qui change, c'est la fréquence du dépassement

La proportion de personnes qui franchissent le seuil, elle, varie nettement avec l'âge et le sexe. Le National Center for Health Statistics (CDC, États-Unis) a mesuré cette proportion sur les données NHANES 2009-2012, avec le seuil de 150 mg/dL (1,50 g/L) :

Tranche d'âgeHommes au-dessus de 1,50 g/LFemmes au-dessus de 1,50 g/L
20 à 39 ans25,1 %14,7 %
40 à 59 ans34,9 %23,0 %
60 ans et plus24,8 %30,9 %
20 ans et plus28,7 %21,5 %

Source des chiffres : Carroll MD, Kit BK, Lacher DA, Trends in Elevated Triglyceride in Adults: United States, 2001-2012, NCHS Data Brief n° 198, mai 2015, CDC / National Center for Health Statistics (db198.pdf, consulté le 17 septembre 2026). Population : adultes américains de 20 ans et plus, données NHANES 2009-2012.

Trois enseignements sortent de ce tableau :

Ces pourcentages décrivent une population, pas une personne. Être dans la fourchette la plus fréquente de sa tranche d'âge n'est pas la même chose qu'être dans la norme : la norme reste 1,50 g/L à tout âge.

Il est vrai, par ailleurs, que la distribution des lipides varie fortement selon l'âge et le sexe : c'est la raison pour laquelle une équipe néerlandaise a construit des percentiles de référence par tranche de 5 ans et par sexe à partir de 141 611 participants de la cohorte LifeLines (Nurmohamed et coll., Netherlands Heart Journal, 2021 — consulté le 17 septembre 2026). Les valeurs de ces percentiles sont publiées sous forme de figure et non de tableau chiffré : aucun chiffre n'en est repris ici.

Ce qui fait monter le chiffre

Le rapport ATP III liste explicitement les facteurs qui contribuent à des triglycérides plus élevés que la normale dans la population générale. Voici cette liste, telle qu'elle est publiée :

Source : NHLBI / NCEP, ATP III At-A-Glance, section « Elevated serum triglycerides » (atp3xsum.pdf, consulté le 17 septembre 2026).

Deux remarques sur cette liste. D'abord, elle mélange des facteurs modifiables et des causes qui ne le sont pas : un chiffre élevé n'est pas automatiquement le reflet d'une habitude de vie. Ensuite, la ligne « certains médicaments » est celle qu'on oublie le plus souvent — si un traitement a été introduit entre deux bilans, c'est une piste à évoquer avec le médecin qui l'a prescrit, sans jamais l'interrompre de sa propre initiative.

Pour le versant alimentaire, détaillé aliment par aliment, l'article dédié sur l'alimentation quand les triglycérides sont élevés couvre le sujet ; il n'est pas repris ici.

Quand consulter

Les sources consultées identifient trois situations qui appellent une prise en charge particulière, chacune avec un chiffre publié :

En dehors de ces trois cas chiffrés, il n'existe pas de règle universelle : un résultat à 1,60 g/L ne se lit pas de la même façon chez une personne sans autre facteur de risque et chez une personne diabétique ou déjà suivie en cardiologie. C'est exactement le travail de votre médecin, et c'est pourquoi cet article s'arrête au chiffre.

Ce que ce chiffre ne dit pas à lui seul

La valeur absolue des triglycérides est une donnée parmi d'autres du bilan lipidique. Elle se lit à côté du HDL, du LDL et du cholestérol total. Deux prolongements, sur ce site :

Récapitulatif

⚠️ Rappel : cet article n'est pas un avis médical. Il reprend des seuils publiés par des sociétés savantes et des autorités de santé, sans les interpréter pour votre cas. Ne modifiez aucun traitement et n'en commencez aucun sur la base de cette page. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Sources

    • National Heart, Lung, and Blood Institute / National Cholesterol Education Program. Third Report of the Expert Panel on Detection, Evaluation, and Treatment of High Blood Cholesterol in Adults (Adult Treatment Panel III) — At-A-Glance Quick Desk Reference. nhlbi.nih.gov/files/docs/guidelines/atp3xsum.pdf — consulté le 17 septembre 2026.
    • Nordestgaard BG, Langsted A, Mora S et coll., pour l'European Atherosclerosis Society et l'European Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine. Fasting is not routinely required for determination of a lipid profile: clinical and laboratory implications including flagging at desirable concentration cut-points. European Heart Journal, 2016. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4929379 — consulté le 17 septembre 2026.
    • Carroll MD, Kit BK, Lacher DA. Trends in Elevated Triglyceride in Adults: United States, 2001-2012. NCHS Data Brief n° 198, mai 2015. Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Health Statistics. cdc.gov/nchs/data/databriefs/db198.pdf — consulté le 17 septembre 2026.
    • Nurmohamed NS, Collard D, Balder JW, Kuivenhoven JA, Stroes ESG, Reeskamp LF. From evidence to practice: development of web-based Dutch lipid reference values. Netherlands Heart Journal, 2021. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8397806 — consulté le 17 septembre 2026. Cité uniquement pour l'existence de percentiles par âge et par sexe ; aucune valeur chiffrée n'en est reprise.

Les 7 leviers, et ce qu’en dit la recommandation européenne

Quel que soit votre âge, voici sept leviers tirés de la recommandation européenne sur les lipides du sang :

  1. Réduire les sucres ajoutés et les boissons sucrées. Le fructose, dont le sucre de table est une source importante, fait monter les triglycérides : jusqu’à 30 à 40 % quand il fournit 15 à 20 % des calories. Repère : sucres ajoutés sous 10 % des calories, boissons sucrées fortement limitées si les triglycérides sont élevés (§ 7.2 et 7.4.3).
  2. Limiter l’alcool. Il pèse fortement sur les triglycérides, surtout quand ils sont déjà élevés ; une consommation modérée (une unité, soit 10 g d’alcool par jour) n’est jugée acceptable que si les triglycérides ne sont pas élevés (§ 7.2 et 7.4.4).
  3. Manger du poisson au moins deux fois par semaine. C’est associé à un risque plus faible de décès cardiovasculaire et d’AVC, sans effet majeur sur les lipides du sang (§ 7.5.6).
  4. Préférer les féculents complets aux raffinés. L’effet défavorable des glucides sur les triglycérides vient surtout des produits raffinés ; il est bien moindre avec des aliments riches en fibres et à index glycémique bas (§ 7.2).
  5. Miser sur les fibres, surtout solubles (légumineuses, avoine, orge, fruits, légumes) : elles font baisser le cholestérol. Repère : 25 à 40 g de fibres par jour, dont 7 à 13 g de fibres solubles (§ 7.4.3).
  6. Bouger trente minutes par jour, à intensité modérée, même sans surpoids. L’exercice régulier fait baisser les triglycérides au-delà de l’effet de la perte de poids, et 25 à 30 km de marche rapide par semaine peuvent augmenter le HDL d’environ 0,03 à 0,06 g/L (§ 7.2, 7.3 et 7.4.1).
  7. En cas de surpoids, perdre 5 à 10 % de son poids : même modeste, cette perte améliore les anomalies lipidiques, et le HDL gagne environ 0,004 g/L par kilo perdu, une fois le poids stabilisé (§ 7.3 et 7.4.1).

Source : recommandations ESC/EAS 2019 sur les dyslipidémies (Mach et al., Atherosclerosis 2019, DOI 10.1016/j.atherosclerosis.2019.08.014), sections indiquées entre parenthèses. Ces repères ne remplacent pas l’avis de votre médecin.

Ces sept leviers forment aussi le premier e-mail. Il part dans l’heure (entre 8 h et 22 h), que vous cochiez la case ou non : c’est le guide que vous demandez. La case, non cochée par défaut, sert aux quatre e-mails suivants.

Sans la case, seul le premier e-mail part. Avec la case, cinq e-mails au plus, sur dix jours, puis plus rien ; les deux derniers présentent le programme. Désinscription en un clic dans chaque e-mail. Information générale, sans valeur de conseil médical.

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