Rapport Cholestérol Total/HDL : Quelle Norme Chez l'Homme ?
Par Hocine B., fondateur · mis à jour le · 11 min de lecture
Votre bilan lipidique affiche un cholestérol total à 2,30 g/L, et votre médecin évoque les statines. Le cholestérol total seul ne dit pas tout : on le rapporte souvent au HDL, le « bon » cholestérol. C'est le rapport cholestérol total / HDL, ou ratio CT/HDL, aussi appelé indice d'athérogénicité.
Dans une méta-analyse de 61 études qui ont suivi près de 900 000 adultes (le HDL était connu pour 150 000 d'entre eux), ce rapport était, parmi les indices simples qui font intervenir le HDL, celui qui prédisait le mieux la mortalité coronarienne : 40 % plus informatif que le cholestérol non-HDL, et plus de deux fois plus que le cholestérol total (Prospective Studies Collaboration, The Lancet, 2007). Ce sont des moyennes sur de grandes populations : le rapport ne donne pas, à lui seul, votre risque.
Calculez votre ratio CT/HDL
Reportez les deux valeurs de votre prise de sang. Le ratio est le même quelle que soit l’unité, tant que les deux valeurs sont exprimées dans la même.
Sommaire
Comment calculer le rapport CT/HDL
La formule est simple : Cholestérol total ÷ HDL cholestérol. Les deux valeurs doivent être dans la même unité (g/L ou mmol/L).
Exemples concrets :
- Marc, 43 ans : CT 2,10 g/L, HDL 0,70 g/L → ratio 3,0.
- Philippe, 47 ans : CT 2,10 g/L, HDL 0,42 g/L → ratio 5,0. Même cholestérol total que Marc, ratio différent.
- Karim, 39 ans : CT 2,50 g/L, HDL 0,80 g/L → ratio 3,1. Son cholestérol total est plus haut que celui de Marc, son ratio à peu près le même.
Le calculateur LDL, non-HDL et rapport CT/HDL fait cette division à partir de votre bilan, en g/L ou en mmol/L, et calcule aussi le cholestérol non-HDL et le LDL (formule de Friedewald), sources à l'appui.
Existe-t-il une norme du ratio CT/HDL ?
Pas dans les recommandations européennes sur les lipides du sang. Leurs objectifs portent sur le cholestérol LDL, le cholestérol non-HDL et l'apolipoprotéine B, selon votre niveau de risque cardiovasculaire ; le rapport CT/HDL n'y a aucun objectif (recommandations ESC/EAS 2019, tableau 7). Les tableaux qui classent ce rapport en « excellent », « acceptable » ou « risque élevé » ne viennent pas de ce texte : nous ne les reprenons pas.
Le rapport sert surtout dans des calculateurs de risque : c'est par exemple l'une des variables du calculateur britannique QRISK3, construit sur des données de médecine générale en Angleterre (Hippisley-Cox et coll., BMJ, 2017). Le risque se calcule avec l'âge, la tension, le tabac et d'autres facteurs : c'est à votre médecin de le faire.
🔬 Ce que dit la science : le HDL sert à affiner l'estimation du risque cardiovasculaire (ESC/EAS 2019, § 4.1.1). Mais les études génétiques suggèrent qu'un HDL bas n'est pas une cause de maladie cardiovasculaire, ce qui jette un doute sur l'intérêt de traitements qui le feraient monter (ESC/EAS 2019, § 8.11.3).
CT/HDL vs TG/HDL : lequel est le plus utile ?
Les deux ratios sont complémentaires, mais ils ne racontent pas la même histoire :
- Le ratio CT/HDL est relié au risque coronarien : c'est l'indice qui prédisait le mieux la mortalité coronarienne dans la méta-analyse citée plus haut (Prospective Studies Collaboration, 2007).
- Le ratio TG/HDL a été étudié comme repère de l'insulino-résistance : chez 258 personnes en surpoids et non diabétiques, il faisait partie, avec les triglycérides et l'insuline, des trois marqueurs qui repéraient le mieux les plus insulino-résistantes (McLaughlin et coll., Annals of Internal Medicine, 2003).
Les deux ratios partagent le HDL mais ne mesurent pas la même chose : l'idéal est de calculer les deux. Ni l'un ni l'autre ne remplace l'estimation de votre risque par votre médecin.
Exemple révélateur
Thomas, 45 ans : CT 2,20 g/L, HDL 0,55 g/L, TG 1,80 g/L. Son ratio CT/HDL est de 4,0. Son ratio TG/HDL est de 3,3, au-dessus du repère de 3,0 (valeurs en g/L ou en mg/dL) retenu par McLaughlin et coll. pour repérer l'insulino-résistance chez des personnes en surpoids (McLaughlin et coll., Annals of Internal Medicine, 2003). Un ratio CT/HDL banal n'exclut donc pas ce second signal.
Pourquoi le HDL est si important chez l'homme
Le HDL est le dénominateur du rapport : à cholestérol total égal, plus il est bas, plus le rapport monte.
Plusieurs habitudes pèsent sur le HDL :
- Sédentarité : 25 à 30 km de marche rapide par semaine, ou une activité équivalente, peuvent augmenter le HDL de 0,08 à 0,15 mmol/L, soit environ 0,03 à 0,06 g/L (ESC/EAS 2019, § 7.3).
- Excès de glucides raffinés : en excès, les glucides font monter les triglycérides et baisser le HDL (ESC/EAS 2019, § 7.4.3) ; l'effet sur les triglycérides vient surtout des produits raffinés (ESC/EAS 2019, § 7.2).
- Tabac : dans une méta-analyse de 27 études, l'arrêt du tabac a fait monter le HDL de 0,10 mmol/L en moyenne, soit environ 0,04 g/L, sans changer le cholestérol total, le LDL ni les triglycérides (Maeda et coll., Preventive Medicine, 2003), à condition de ne pas prendre de poids (ESC/EAS 2019, § 7.3).
- Excès de poids : le HDL gagne environ 0,01 mmol/L (0,4 mg/dL) par kilo perdu, une fois le poids stabilisé (ESC/EAS 2019, § 7.3). Voir aussi la graisse viscérale.
- Choix des graisses : les recommandations européennes conseillent de tirer les graisses surtout des acides gras mono- et polyinsaturés, et notent qu'une alimentation trop pauvre en graisses peut faire baisser le HDL (ESC/EAS 2019, § 7.4.2). Sur les oméga-3, le poisson deux fois par semaine est associé à moins de décès cardiovasculaires, sans effet majeur sur les lipides du sang (ESC/EAS 2019, § 7.5.6).
Comment améliorer votre ratio CT/HDL
Pour les recommandations européennes, la cible première des changements d'hygiène de vie est la baisse du cholestérol LDL (ESC/EAS 2019, § 7.4) ; plusieurs des mêmes leviers agissent aussi sur le HDL et sur le rapport. Voici les principaux :
Quatre leviers
- Réduisez les sucres ajoutés et l'alcool : en excès, les glucides font monter les triglycérides et baisser le HDL (ESC/EAS 2019, § 7.4.3), et l'alcool pèse fortement sur les triglycérides (ESC/EAS 2019, § 7.2). Repère : sucres ajoutés sous 10 % des calories (ESC/EAS 2019, § 7.4.3).
- Bougez, et ajoutez la musculation : l'exercice d'endurance fait monter le HDL, modestement (encadré ci-dessous). Dans une méta-analyse de 29 essais, la musculation progressive a fait baisser le rapport CT/HDL de 0,5 point en moyenne, sans hausse significative du HDL (Kelley et Kelley, Preventive Medicine, 2009). Consultez le programme sport adapté.
- Choisissez vos graisses : surtout des graisses mono- et polyinsaturées, et moins de 10 % des calories en graisses saturées (ESC/EAS 2019, § 7.4.2) ; du poisson au moins deux fois par semaine (ESC/EAS 2019, § 7.5.6). Lisez le guide sur les bienfaits des oméga-3 sur le cholestérol.
- Perdez du poids en cas de surpoids : une perte de 5 à 10 % du poids améliore les anomalies lipidiques (ESC/EAS 2019, § 7.4.1), soit 4,5 à 9 kg pour un homme de 90 kg. Le tour de taille permet aussi de suivre vos progrès.
Planning semaine par semaine
- Semaine 1-2 : Zéro sucres liquides, zéro alcool. Marche 15 min après chaque repas.
- Semaine 3-4 : Ajoutez la musculation (3 séances). Augmentez les protéines et les graisses saines.
- Semaine 5-8 : Affinez l'alimentation selon le régime anti-cholestérol pour homme. Visez 10 000 pas/jour.
- Semaine 9-12 : Recontrôle lipidique complet. Mesurez les progrès : ratio CT/HDL, ratio TG/HDL, tour de taille.
🔬 Ce que dit la science : dans une méta-analyse de 25 essais contrôlés, l'exercice d'endurance régulier a fait monter le HDL de 2,53 mg/dL en moyenne (0,065 mmol/L), soit environ 0,025 g/L : un effet modeste. Il fallait au moins 120 minutes d'exercice par semaine environ, et c'est la durée de chaque séance qui comptait le plus, pas la fréquence ni l'intensité (Kodama et coll., Archives of Internal Medicine, 2007).
Quand faut-il vraiment s'inquiéter ?
Consultez rapidement votre médecin si :
- Cholestérol total de 8 mmol/L (3,10 g/L) ou plus sans traitement, chez vous ou chez un proche : c'est l'un des critères qui font rechercher une hypercholestérolémie familiale, une cause génétique (ESC/EAS 2019, § 9.1.2.1)
- Maladie coronaire précoce chez vous ou dans votre famille, ou mort subite cardiaque précoce d'un proche : deux autres critères de cette même recherche (ESC/EAS 2019, § 9.1.2.1)
- HDL sous 0,40 g/L (40 mg/dL) : c'est l'un des facteurs de risque majeurs retenus par le programme américain de référence (NCEP ATP III, 2002)
- Tour de taille au-delà de 102 cm : c'est l'un des critères du syndrome métabolique de ce même programme (NCEP ATP III, 2002)
Dans ces cas, les modifications du mode de vie restent essentielles mais peuvent nécessiter un complément médicamenteux. Ne refusez pas les statines par principe si votre risque est réellement élevé — discutez avec votre médecin en ayant tous les ratios en main.
Centralisez l'interprétation de vos marqueurs
Le ratio CT/HDL n'est qu'une pièce du puzzle. Pour un profil métabolique complet, croisez-le avec votre glycémie, vos triglycérides, votre tour de taille et votre bilan lipidique global. L'analyseur métabolique de Sèche 10 Semaines vous permet de tout regrouper en 30 secondes.
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Découvrir le programme Sèche 10 Semaines →Les 7 leviers, et ce qu’en dit la recommandation européenne
Le HDL est le dénominateur commun à ce rapport et au rapport triglycérides/HDL : plusieurs des sept leviers ci-dessous portent sur lui. Les voici :
- Réduire les sucres ajoutés et les boissons sucrées. Le fructose, dont le sucre de table est une source importante, fait monter les triglycérides : jusqu’à 30 à 40 % quand il fournit 15 à 20 % des calories. Repère : sucres ajoutés sous 10 % des calories, boissons sucrées fortement limitées si les triglycérides sont élevés (§ 7.2 et 7.4.3).
- Limiter l’alcool. Il pèse fortement sur les triglycérides, surtout quand ils sont déjà élevés ; une consommation modérée (une unité, soit 10 g d’alcool par jour) n’est jugée acceptable que si les triglycérides ne sont pas élevés (§ 7.2 et 7.4.4).
- Manger du poisson au moins deux fois par semaine. C’est associé à un risque plus faible de décès cardiovasculaire et d’AVC, sans effet majeur sur les lipides du sang (§ 7.5.6).
- Préférer les féculents complets aux raffinés. L’effet défavorable des glucides sur les triglycérides vient surtout des produits raffinés ; il est bien moindre avec des aliments riches en fibres et à index glycémique bas (§ 7.2).
- Miser sur les fibres, surtout solubles (légumineuses, avoine, orge, fruits, légumes) : elles font baisser le cholestérol. Repère : 25 à 40 g de fibres par jour, dont 7 à 13 g de fibres solubles (§ 7.4.3).
- Bouger trente minutes par jour, à intensité modérée, même sans surpoids. L’exercice régulier fait baisser les triglycérides au-delà de l’effet de la perte de poids, et 25 à 30 km de marche rapide par semaine peuvent augmenter le HDL d’environ 0,03 à 0,06 g/L (§ 7.2, 7.3 et 7.4.1).
- En cas de surpoids, perdre 5 à 10 % de son poids : même modeste, cette perte améliore les anomalies lipidiques, et le HDL gagne environ 0,004 g/L par kilo perdu, une fois le poids stabilisé (§ 7.3 et 7.4.1).
Source : recommandations ESC/EAS 2019 sur les dyslipidémies (Mach et al., Atherosclerosis 2019, DOI 10.1016/j.atherosclerosis.2019.08.014), sections indiquées entre parenthèses. Ces repères ne remplacent pas l’avis de votre médecin.
Ces sept leviers forment aussi le premier e-mail. Il part dans l’heure (entre 8 h et 22 h), que vous cochiez la case ou non : c’est le guide que vous demandez. La case, non cochée par défaut, sert aux quatre e-mails suivants.
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